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"… Quand je vis dans l'éclair du miroir glauque et nu, Au lieu de mon visage, un visage inconnu . Où se répercutait ma propre conscience !" Rollinat

Langage(s)

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Langage(s), installation in-situ, centre commercial Promogro Sousse, 2005.

Installation réalisée en 2005 dans le cadre d’une recherche  intitulée :
l’art tautologie et abstraction du réel. l’objet de consommation comme « réel »pastique.

Extrait: Introduction

Pour une définition philosophique, le réel est : l’opposé de l’illusoire, la chose, ce qui est donné et ce qui s’oppose à abstrait, ce qui appartient à la réalité et non à l’imaginaire, l’ensemble de ce qui existe, il est tout nettement  » les choses elles mêmes » [1]

La tautologie quant à elle est un terme linguistique qui désigne la répétition d’une même notion sous deux formes différentes. Le terme a pour origine le mot « auto » qui signifie  » soi même » et qui redit la même chose.

L’étymologie du mot  » abstrait » a pour origine le verbe « traire » qui dégage le sens de  » traîner loin de », de « transaction », d’  » avoir commerce avec », de  » courroie servant à tirer une voiture », de  » file des choses » et de  » réduire à un moindre volume ».

Quelle est en fait la relation idéologique et artistique entre ces termes de différentes origines et de significations distinctes ?

L’objectif de ma recherche est de proposer des nouvelles connotations à ces termes qui se transforment au cours de ma pratique purement plastique en concepts de recherche théorique.

A partir de ces concepts je vais essayer de dégager une réflexion à partir de ma pratique personnelle, plastique et visuelle. Cela me permettra de combiner et d’hybrider ces trois concepts à la fois, de construire un vocabulaire, à l’origine propre à l’industrie et au commerce et le transformer par la suite en vocabulaire plastique et esthétique. Toutefois, seule ma pratique les transformera et les éloignera ainsi, de leurs contextes habituels pour des fins purement plastiques.

A travers mes recherches plastiques antérieures, j’ai essayé d’avoir des liens avec ce que je fais à présent.

J’ai déjà eu l’expérience de travailler dans un centre commercial en tant que source de création, la vidéo expérimentale « Dé-codons le futur » en témoigne. Encore une fois je vais adopter ce lieu comme un support essentiel dans ma recherche. Désormais, les concepts de  » tautologie », d’ « abstraction » et de  » réel » auront un large rapport avec ce lieu et avec ce qu’il contient.

Pour mettre en pratique mes concepts, je vais donc avoir recours aux trois supports distincts : l’espace, la machine et l’objet. Ces supports seront assemblés avec les concepts de ma recherche qui permettront par la suite de définir l’hypothèse de l’art comme étant tautologie et abstraction du réel.

Avec l’appui des œuvres, des écrits et des propos d’artistes et de théoriciens, cette hypothèse sera mise en question. Buren, Marcel Duchamp, Andy Warhol, Charlie Chaplin, Walter Benjamin, Jean Baudrillard, Gilles Deleuze et d’autres… que les propos et les pensées plastiques ou esthétiques ou philosophiques correspondent à ma recherche.

Dans l’approche de l’art, tautologie et abstraction du réel, je vais essayer d’avoir une réflexion sur l’expérience artistique actuelle, dont sa figure trace la présence fréquente et répétitive du réel, une présence reflétant l’image d’une société industrielle et consommatrice qui marque la surcharge de la production et de la consommation massive orale et visuelle.

Bien que notre époque soit celle du chiffre et du réseau, le réel est toujours ponctuel mais plutôt varié, différencié, abstrait et immatériel. Ce réel, traîné loin de sa dimension physique spécifie notre époque celle de l’image et du numérique et place notre pratique esthétique dans une nouvelle dimension spatio-temporelle. Le réel au seuil d’une esthétique des flux.

De ce fait, en oscillation avec les supports de ma recherche, l’espace commercial sera mon site de création artistique, le tapis roulant comme une machine et  un dispositif plastique et l’objet de consommation sera un « réel » plastique prêt à une malléabilité du concept et à une expérience tautologique de dépouillement.

Cette oscillation entre les concepts et les supports engendrera la création des médiums qui vont mettre en œuvre et en pratique ces concepts et ces supports.

Comme prévu ma pratique sera la seule source qui va me permettre de construire un plan de recherche.

En procédant ainsi, ma recherche pratique comme ma réflexion sur l’hypothèse de l’art, tautologie et abstraction du réel se divisera en trois parties.

Pour fonder ma réflexion, je vais commencer dans un premier temps par localiser et limiter mon champ de travail en supports de recherche, de même je vais essayer de trouver une logique qui les mettra en relation d’hybridation avec les concepts définis.

L’espace commercial sera donc mon premier support d’analyse, grâce à ma pratique il sera transformé en site de création qui emboîtera tous les autres supports y compris les matériaux de recherche.

Le second support sera le tapis roulant, qui sera assimilé au mécanisme de la création artistique et à un dispositif plastique.

Le troisième support sera le produit de consommation considéré comme réel plastique prêt à être analysé comme toute représentation plastique et esthétique.

A partir de là, je vais me baser sur des références et des expériences distinctes et variées soit des arts plastiques, du cinéma ou même de la sociologie et la philosophie.

Mon travail réalisé sur l’espace même du centre commercial, sera considéré comme travail in situ, qui nécessite forcement un dispositif d’exposition visuel; ce dispositif qui est la photographie sera assimilé à un tapis roulant plastique, sur lequel ma pratique défilera et passera en boucle tout comme le mécanisme rotatif de courroie.

Dans un deuxième temps, ce champ de recherche et ces différents supports seront la source d’une analyse conceptuelle. Ils annonceront en premier lieu la tautologie comme terme linguistique, qui sera au fur et à mesure de ma recherche un concept purement plastique. Ce dernier sera analysé à l’appui de l’œuvre conceptuelle de Joseph Kosuth ( One and three chairs). Il incarnera le concept du « réel » dans différents médiums annonçant la répétition de ce même « réel » (produit de consommation) pourtant varié.

Entre différence et répétition, le réel sera tautologiquement dépouillé et dématérialisé à travers multiples médiums analogiques.

En premier lieu, je vais analyser le réel en tant qu’objet, par la suite en tant qu’image, puis en tant que langage et enfin en tant que code numérique.

Ces différentes définitions du même réel impliqueront, en deuxième lieu, une démarche progressive et dématérialisante de ce dernier tout en me basant sur les travaux des artistes et des théoriciens de l’art ou même des recherches sociologiques et esthétiques d’abstraction et de dépouillement.

Dans un troisième temps, l’abstraction du « réel » me mènera à sa nouvelle dimension spatio-temporelle, à un réel désincarné dans une époque du virtuel et du numérique. Cela n’impliquera pas ma pratique dans cette nouvelle réalité du virtuel mais annoncera une ouverture à ma recherche. Celle-ci sera rapprochée au mécanisme de l’art à l’époque du temps, de l’espace et du réel virtualisé par la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

En somme, ma démarche formera une boucle qui se fermera sur elle-même, et la présence tautologique et abstraite du « réel » formera l’axe d’une ritournelle qui deviendra par la suite un rituel de la création artistique. Ceci dit que l’art sera assimilé à un rituel d’abstraction et de répétition variée.

Ainsi se présenteront les articulations de ma recherche. Elles viseront la construction d’une théorie par l’intermédiaire de ma pratique et à ouvrir des horizons aux concepts définis dont les définitions et les représentations demeurent infinies.

Comment peut-en alors assimiler le mécanisme de la création artistique à une création plastique personnelle ? Comment la figure de l’art actuel tracera-t-elle la présence répétée et variée du même réel ? Comment malgré la révolution actuelle du virtuel, peut-on parler encore du réel ?

[1] RUSS Jacqueline, Dictionnaire de philosophie, Bordas, paris 1991

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